Le sens de ce que nous communiquons est dans la réponse que nous obtenons

 

comprendre l'autre

 

Au cours de ses recherches, une chercheuse-enseignante française, Catherine Kerbrat-Orrechioni  tentait de comprendre quels étaient les mécanismes de la communication et voulait aller bien plus loin que le schéma traditionnel : Emetteur, Message, Récepteur. Ses études l’ont poussé à tenir compte des facteurs psychologiques, sociologiques et culturels.

On l’a vu dans le post précèdent, nous avons appris que notre réalité n’est pas forcément celle de mon interlocuteur. Ses recherches sont donc précieuses en PNL. Chaque message est filtré au travers de la réalité de celui qui parle et de celui qui écoute. Et c’est ce qui permet au message de prendre tout son sens. C’est le message compris qui est le plus important. Dans la communication, le verbal et le non-verbal (les expressions du visage, la position du corps) participent au message. Demander quelque chose avec le sourire ou formuler la même demande campé droit sur ses pieds et les bras croisés recevra une réponse vraiment différente. De même que lorsque l’on veut expliquer quelque chose et que l’on est fâché, excité ou épuisé ou que la personne à qui on parle est hypersensible ou très énervé. On peut dès lors arriver très vite à une situation de conflit pour une chose qui, finalement, n’a que peu d’importance. Et nous avons tous vécu au moins une fois ce genre de situation. La réponse à un message est parfois tellement opposée à ce que nous attendons que le dialogue se rompt avant même d’avoir commencé.

Un autre souci est de celui de la compréhension. Le meilleur exemple est souvent du côté du monde médical que nous pouvons le trouver. Les médecins utilisent parfois des termes qui chez nous, résonnent comme du chinois et qui pour eux, fait tellement partie de leur vocabulaire qu’ils n’ont parfois pas conscience qu’ils ne sont pas ou mal compris.

Alors que faire ?  Déjà, admettre que c’est la réponse à notre message qui en fait le sens. Nous serons dès lors plus attentifs aux autres et à nous même. Je suis fatiguée… est-ce le bon moment pour parler de ça ? Est-ce que je peux utiliser des termes techniques (qui font partie de mon vécu) avec cette personne ? (Même une maman qui parle de son petit bout peut être mal comprise si elle a en face d’elle une personne qui n’en n’a pas). La sagesse populaire dit de tourner 7 fois sa langue dans sa bouche avant de parler. Moi, je vous dirais plutôt : écoutez-vous, mettez-vous à la place de votre interlocuteur, soyez attentifs à vos émotions, postposez une discussion si vous ne la « sentez pas » à ce moment-là et adaptez votre communication à votre public…c’est votre bien-être qui, en fin de compte s’en trouvera renforcé.

Un dernier petit exemple… par deux fois, la petite souris n’est pas passée sous l’oreiller d’Emma. Chez Lio, son petit frère, par contre, tout va bien… Emma est furieuse et écrit une lettre à la petite souris.

« Pas du tout très chère petite souris. Voilà deux fois que tu oublies mes dents. Si tu n’en veux pas, ce n’est pas grave, je les garde pour moi. Et comme visiblement tu préfères celles de mon frère, désormais, passe ma chambre. Ne perd pas ton temps à me répondre. »

Mais la petite souris a malgré tout répondu.

« Chère Emma, si tu rangeais ta chambre, je ne m’y serais pas perdue et j’aurais pris tes dents. »

Comment auriez-vous géré cela, vous lecteurs(rices)-petites souris ?

La carte n’est pas le territoire…

Voici déjà la deuxième étape en territoire PNL. Un territoire ? Oui, et plusieurs cartes qui vous permettront de l’explorer.

Hein ? On fait de la géographie en PNL ? Oui en contrée inconnue, celle de la réalité de l’Autre. La vérité, la réalité ? Qui a raison, qui a tort ? Certaines personnes sont persuadées de détenir la vérité. Tant mieux pour eux et… tant pis ! Tant mieux, parce qu’ils se rassurent et se raccrochent à des certitudes qui leur offrent un sentiment de sécurité et disons-le, parfois un sentiment de supériorité. Et tant pis, parce qu’ils restent en place, ne découvrent rien de nouveau ! Avouons-le, nous en connaissons tous et dans certains domaines, nous en faisons partie. Et c’est normal. L’aventure, l’inconnu et le changement font peur. Et quoi de plus inconnu que l’Autre ? Il est tellement facile de rester dans sa zone de confort…

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Sans arriver dans la zone de panique, qui engendrera une communication non maîtrisée, nous pouvons, pour élargir notre point de vue, passer en zone d’apprentissage et admettre que la « carte » c’est-à-dire la grille de lecture d‘une personne n’est pas la même que la nôtre et que nous pouvons en tirer de nombreux enseignements. Lorsque nous communiquons, nous envoyons un message. Celui-ci passe par des filtres et des canaux particuliers.

 

Emetteur ——- Filtres——–Message—–Filtres———-Récepteur

——————————Canal——————————-

 

Les filtres peuvent être culturels, religieux, linguistiques, psychologiques… et très différents entre vous et votre interlocuteur.

Le canal lui est plus technique, il est fonction de la manière dont vous communiquez. Par téléphone, par écrit, en face à face ? Si par exemple, vous le faites par téléphone, et que le réseau est perturbé, ça ne va pas faciliter la compréhension !

Mais revenons à notre territoire. Chaque personne a une perception de l’environnement qui lui est propre. Votre vérité, votre Réalité vous est personnelle et pas universelle. Prenons deux exemples.

  • La neige. Pour vous c’est vraiment un souci. Vos déplacements sont compliqués, c’est sale, vous avez plus de travail pour conserver votre maison propre, c’est dangereux, glissant … et vous en parlez avec une personne arrivant d’Afrique. Si vous serez d’accord sur le fait que c’est froid, vos soucis de nettoyage ou de déplacements n’auront que peu de résonance face à l’émerveillement devant les paysages que découvrira votre interlocuteur.
  • Le deuxième exemple est plus émotionnel. Vous râlez parce que votre chef a postposé votre augmentation qui aurait été la bienvenue pour partir en vacances. Et, dans vos interlocuteurs, il y a un travailleur qui cumule deux mi-temps et peine à boucler ses fins de mois. Pensez-vous vraiment qu’il comprendra votre colère, si légitime soit-elle à vos yeux, c’est-à-dire dans votre réalité ?

 

Une autre manière d’aborder le territoire est le mensonge. Nous considérons souvent que le contraire de la vérité, c’est le mensonge. Or, dans certains cas, c’est juste une réalité différente. Prenons l’exemple d’une personne qui gagne plus de 10 000 euros par mois (ne cherchez pas trop loin, il y en a à la télé tous les jours !). Cette personne se voit réduire son salaire de moitié et affirme ne plus pouvoir vivre avec cette somme. Vous, moi, estimons que c’est un mensonge. Avec 5 000 euros par mois, il est évidemment possible de bien vivre. C’est NOTRE réalité. Mais dans celle de notre nouveau « pauvre », ce n’est pas un mensonge. Il croit réellement qu’il ne s’en sortira pas. Pour lui, c’est une catastrophe. C’est toute sa manière de vivre qu’il doit revoir, contraint et forcé et dans ce cas, il se retrouve dans la zone de panique. Et comme il n’a jamais vécu ni géré un budget avec moins d’argent, il lui est inconcevable de vivre ainsi.

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Voici un petit test facile à réaliser, qui prouve à quel point chacun d’entre nous a une réalité qui lui est propre, sur base d’une question toute simple. « Pour vous, à partir de quel salaire gagne-t-on bien sa vie ? »  Faites le test dans votre entourage…

Le but de tout ceci est de vous permettre de porter votre attention sur ce que vit la personne à qui vous vous adressez, sur sa capacité à comprendre ce que vous exprimez. En prenant conscience de ces filtres, vous faciliterez votre relation aux autres, diminuerez votre stress si vous en ressentez au contact de la nouveauté. Allez vers l’Autre, découvrez sa réalité… non seulement vous vous enrichirez mais vous améliorerez la qualité de votre communication.

On ne peut pas ne pas communiquer

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Dix présupposés

La PNL évolue chaque jour, au travers des chercheurs mais surtout de ses pratiquants. Si vous avez cherché à en savoir plus, vous aurez croisé la route des présupposés et constaté que certains auteurs en signalent 8, 9 et d’autres 11. Mais si vous comparez les différentes approches, vous constaterez que ces présupposés ont parfois été regroupés et à d’autres moments, divisés. Moi, j’aime les chiffres ronds. J’ai donc opté pour la répartition en 10 points.

Vous avez peut-être remarqué également que l’ordre n’est pas toujours le même. C’est parce qu’il est fonction de l’axe par lequel vous abordez la PNL. Le mien étant la communication, le premier présupposé dont je vais vous parler… et bien c’est

On ne peut pas ne pas communiquer !

« Ben et si je me tais, que je refuse d’adresser la parole à quelqu’un ? Je ne communique pas avec lui ! »

Et bien si….

Que vous le vouliez ou non, chaque geste, chaque mimique, chaque respiration, tout est communication. Et cela va même beaucoup plus loin. Le regard, l’attitude, la manière de se coiffer, de se maquiller, de se vêtir, est communication. Songez à la manière dont vous vous habillez pour un rendez-vous. Vous choisirez avec soin certaines pièces pour un rendez-vous professionnel que vous ne porteriez certainement pas pour aller retrouver votre amoureux et vice versa… Le message qui va passer alors sera un mélange de sérieux, de sobriété ou au contraire de créativité en fonction du poste convoité. Et ne me dites pas que vous irez retrouver votre chéri en tailleur strict ! A moins de l’assortir à de petits dessous sexy. Cette coquinerie, connue de vous seule, passera malgré tout dans vos yeux ou votre démarche…

Dans ces cas, c’est un acte volontaire de paraître qui motive votre attitude ou votre choix. Vous voulez coller à l’image recherchée par l’entreprise, faire plaisir ou plus simplement vous sentir désirable avec votre moitié (ou future moitié)

Par contre, certains événements influent sur notre communication. Le stress, la fatigue, la maladie nous amènent à transmettre un message parfois éloigné de celui que l’on aurait voulu… Qui n’a jamais entendu « oh ça ne va pas toi ? » et vous de répondre « ben si pourquoi ? » alors que vous savez pertinemment bien que tout n’est pas rose. Parfois, avec l’accumulation de petites contrariétés durant la journée, un simple regard, un oubli de la part d’un de vos proches peut amener à une réaction pour le moins étonnante pour votre interlocuteur qui n’est pas au courant de vos soucis. Et rompre tout dialogue. Quand je parle de vous, c’est valable aussi pour les personnes qui vous entourent.

Et le silence ?  Ces « blancs » dans une conversation, cette pause qui en dit plus que des mots ? C’est à ce moment que la communication prend la pleine mesure de la relation. Lorsque l’on a appris et que l’on maîtrise le choix des mots, le ton de sa voix (par des techniques théâtrales par exemple), il reste un point dans la relation avec lequel on ne peut pas jouer. Certaines parties du corps ne mentent pas. La synergologie étudie cette partie en détail (voir article) Ici, nous nous préoccupons de ce silence, respiration nécessaire, parfois lourd, glacial ou au contraire tellement porteur de positivité que les mots sont devenus inutiles. Lors d’un de ces silences, observez le regard de la personne à qui vous vous adressez, il vous apportera un premier élément sur son ressenti. Les micro-démangeaisons également. Se touche-t-il le visage ? Le nez est le siège du stress.                 La couleur de la peau apporte aussi des informations utiles. Rougir ou blêmir exprime aussi certaines choses. Faites le test sur vous-même, sans perdre de vue que chaque humain réagit différemment. Ce qui se passe chez vous n’est pas forcement ce qui se produira chez votre interlocuteur.                                                                                                                         Regardez-vous dans une glace. Et songez à un événement agréable ou au contraire qui vous plonge dans un sentiment de mal-être, vous constaterez que certains gestes apparaissent systématiquement.                                                                                                     Prenez en conscience mais n’en faites pas une généralité. Ce n’est pas forcement parce qu’elle rougit qu’une personne est gênée ou heureuse…. Vous confondre en excuses ou la prendre dans vos bras ne résoudra peut-être rien. Prenez en compte aussi l’environnement et… ouvrez la fenêtre, il fait peut-être tout simplement trop chaud !

Dès à présent, vous pouvez commencer à vous interroger sur le message que vous voulez faire passer, au travers de votre attitude, de votre ton de voix (un « c’est du joli » prononcé de manière ironique, agressive ou tendre n’a pas du tout la même signification) et surtout à celui que la personne en face de vous tente d’exprimer… mais comme je viens de vous le faire remarquer, malgré ce que nous avons déjà évoqué, tout n’est pas aussi évident que ça ne le parait, ce serait trop simple.

Avec le deuxième présupposé je vous emmènerais dans le monde des Autres…

A bientôt…