L’écriture au féminin ou quand l’égalité des sexes s’écrit !

Parmi mes lectures et mes balades sur le net, voici deux découvertes que je voudrais partager ici avec vous.

Un guide édité par Strasbourg eurométropole et un Manuel d’écriture inclusive réalisé par Mots-Clés, une agence d’influenceurs en communication.

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Le masculin l’emporte sur le féminin. Combien de fois n’a-t-on pas entendu cette injonction grammaticale ? A l’origine, le but visé était de pallier à l’absence du neutre, existant dans d’autres langues mais elle a eu le grand désavantage d’occulter le rôle des femmes dans la société.

Si de nombreuses initiatives ont été mises en place pour assurer la parité des sexes dans le monde de l’entreprise, c’est au niveau de l’écriture que le bât blesse. En effet la langue française peine à suivre le mouvement.

La féminisation du nom de certains métiers a fait l’objet de polémiques et posent encore questions aujourd’hui. L’invisibilité des femmes dans l’écriture est bien connu, et, en Belgique, l’exemple le plus flagrant est l’absence au sein de notre Constitution d’une formule adaptée à l’arrivée d’une Reine. Eh oui, même si l’abrogation de la loi salique en 1991  permettra à Elisabeth de régner sur notre plat pays, la formule consacrée, » Nous, Roi des Belges » n’a pas fait l’objet de la moindre réflexion jusqu’ici. Sauf si les choses évoluent avant sa montée sur le trône, ce qui nécessiterait – en plus – une modification du texte constitutionnel !, nous aurons donc droit à « Nous, Elisabeth, Roi des Belges ». Avouez que la formule est quelque peu étrange, même s’il s’agit ici d’une fonction. En entreprise, les appellations de rôles et de métiers ont été modifiées. Nous retrouvons donc la rectrice, la chercheuse, la huissière, la magistrate. Mais force est de constater que curieusement, les premiers à conserver jalousement la masculinité de la terminologie, ce sont … les femmes ! Le poids des traditions, l’attitude des chefs de service sont une des raisons invoquées mais des études ont montré que le fait d’obtenir un poste jusque-là majoritairement réservé à la gente masculine, pousse ces dames à revendiquer haut et clair le genre masculin de leur poste. Il n’est donc pas rare de lire Madame le Gouverneur, Madame l’Ambassadeur, voir même Madame le Rédacteur en chef (en dehors de la presse féminine), lors d’échanges de courriers. On peut espérer que cette attitude finisse par disparaître, la parité au sein de ces postes étant de mieux en mieux respectée.

En dehors des actes administratifs officiels (dont relèvent les écrits royaux), nulle obligation n’existe quant à l’utilisation de l’une ou l’autre orthographe ou prononciation.

Et nous, que pouvons-nous faire pour améliorer cette féminisation de l’écriture ?

  1. Utiliser de préférence le terme Madame dans les échanges. Le statut marital n’y a pas sa place. Lorsque nous écrivons Monsieur, l’état civil ne se perçoit pas.  Nous pouvons dès lors réserver Mademoiselle aux jeunes femmes mineures. Mais il est évident que si notre correspondante a choisi pour elle-même le titre de Mademoiselle, il nous faut le respecter !
  2. Accorder en genre le titre dans les courriers. Madame la Professeure, Madame la Garagiste (oui, elles existent !), Madame la Conseillère…

Raphaël Hadad, fondateur et co-directeur des « Mots-clés » propose plusieurs pistes qu’il reprend au sein de son  « Manuel d’écriture Inclusive »

  1. La double flexion: celles et ceux, tous les … et toutes les… Un peu lourdes, certaines de ces locutions sont remplacées, habituellement, par les tirets ou les parenthèses (qui induisent aussi un propos secondaire) : les acteurs(trices) ou les acteurs-trices.

Exclusives, Mots-Clé privilégie dès lors

  1. Le « point-milieu »: plus léger, plus équilibré et surtout inclusif, ce point-milieu permet une écriture plus rapide : les senior.e.s, acteur.rice.s,… puisque des raccourcis claviers peuvent être installés, que vous soyez sur Mac ou sur Windows (voir à la fin du pdf !)
  2. La suppression des majuscules: Homme avec un grand H ramène à un terme générique reprenant les deux sexes. L’Homme signifiant humain, autant utiliser la seconde formulation. Comme le rappelle Raphaël Hadad, les Droits de l’Homme écartaient les femmes du droit de vote. Il serait donc temps de modifier l’expression. Déjà, en 1947, Eléonore Roosevelt avait insisté pour que l’on parle d’Human Rights plutôt que Man Rights pour que les femmes y soient inclues. Cette distinction a malheurusement été éludée lors de la traduction en français…

La dernière suggestion de ce manuel, que je vous conseille vraiment de conserver, est l’utilisation des

  1. mots épicènes (sans genre défini) : interprète, guide, propriétaire, membre… pas de variation grammaticale que l’on parle d’un homme ou d’une femme.

Le monde évolue, faisons avancer son expression !

http://www.ecriture-inclusive.fr/

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Quand l’enfer est pavé de bonnes intentions…

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L’enfer, c’est pour les autres ? Pas toujours lorsqu’il s’agit de communication.

Les chefs d’entreprise, GRH et/ou communicateurs ont la meilleure vision qui soit sur le secteur d’activité dans lequel ils travaillent. Etude de marché, veille des réseaux sociaux, benchmarking, de nombreux outils permettent aujourd’hui de bien connaître, tant ses concurrents que les besoins réels de son public cible. Mais c’est aussi là que les choses se corsent.

A moins de posséder ce que l’on appelle en marketing une « vache pourpre » (The purple cow de Seth Godin, éditions Maxima, 2008), le produit original auquel personne n’a jamais pensé, vous offrez un service ou une marchandise dans un secteur où la concurrence existe.

Lorsqu’il s’agit d’un « produit-matière », chacun ayant sa spécificité, le risque de vous voir accuser d’une concurrence déloyale est minime. Mais lorsqu’il s’agit d’un service, le terrain devient très vite miné.

Pour répondre à une demande ou plus simplement si vous désirez faire connaitre votre marque, vous souhaitez alors créer un événement.

Sur les réseaux sociaux, le nec plus ultra est le concours. Vous avez souhaité l’ouvrir à tous. Et donc, à vos affilés ou à vos clients ainsi qu’à un public qui désire profiter de l’occasion pour mieux vous connaître.

En fonction de l’enjeu, le terrain peut très vite passer de praticable à glissant voire même à accidenté.

L’humain est ainsi fait que la jalousie fait partie du vécu et lorsqu’il s’agit d’opération marketing, l’univers impitoyable de Dallas est à vos portes. L’immédiateté des réseaux sociaux combinée au « flaming * », utilisé par certains, pour vous déstabiliser et vous voilà devant une montagne de problèmes.

Accusés de favoriser vos élèves, votre personnel, vos affiliés ou vos plus gros clients et même de partialité commerciale, la tentation est grande de vouloir tout laisser tomber.

*Flaming :  pratique consistant à poster des messages délibérément hostiles, insultants et généralement avec l’intention de créer un conflit sur un groupe de discussion (déf Wikipedia)

                                                          Que faire ?

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Si l’événement est lancé, revenir en arrière et supprimer purement et simplement tout ce que vous aviez prévu n’est pas la meilleure des solutions. Mieux vaut communiquer.

Mais nous sommes ici dans la configuration d’une communication de crise. Et la meilleure d’entre elle doit avoir été envisagée au préalable.

Cette manière de procéder permet, dès le début du projet, d’imaginer les points à bien mettre en avant lors de la communication d’origine, de manière à clarifier aux yeux de tous, les points de règlements les plus attaquables. Souvent utilisées par les grandes boîtes, ce type de mise en place a un coût, en temps et parfois financier, non négligeable. Il est vrai qu’en regard des dégâts que peut causer une crise avérée en matière de retombées marketing, l’investissement en vaut parfois la peine. Certaines sociétés excluent d’office leurs collaborateurs. Mais il s’agit souvent des plus grosses entreprises qui souhaitent viser leur clientèle et la fidéliser.

Dans le cas d’une petite PME ou d’une ASBL, l’idée de l’événement est bien évidemment de fédérer autour de son projet, de le faire rapidement avec un minimum de moyens, d’où le grand intérêt des réseaux sociaux. Et se voir ainsi cloué au pilori pour n’avoir voulu exclure personne est dur à encaisser.

La meilleure des solutions est d’externaliser l’événement. Pas besoin d’en faire des tonnes ni d’investir un budget exorbitant. Certaines TPE ou PME se sont spécialisées dans le community management des indépendants et prennent en charge toute la communication de votre organisation à prix doux.

Le simple fait de mentionner la prise en charge du concours par une autre société que la vôtre donne une image de sécurité, de probité et de rectitude. Pensez-y !