Bibliographie

DOSSIER DE PRESSE

La Sanguine, Marie Lambillotte

Trois petits extraits…

Hors F1, les paddocks étaient difficiles d’accès pour un homme se déplaçant encore avec des béquilles. Son mentor, le Français Pierre Bouillin, ne l’avait pas lâché d’une semelle durant sa convalescence, malgré un calendrier fort chargé. Les deux hommes s’appréciaient et malgré la différence d’âge, une véritable amitié était née entre eux. Pierre Bouillin, mieux connu sous le nom de Pierre Levegh, était un pilote d’expérience. Il savait que plus tôt Richard reprendrait le volant, plus vite, il serait prêt pour la Formule 1. Il en avait la carrure et Levegh était prêt à faire jouer ses relations pour financer le jeune pilote si cela s’avérait nécessaire.

Et puis, il y avait Solange. Rencontrée lors de ses premières courses, il en était, du haut de ses dix-huit ans, tombé fou amoureux. Les deux jeunes gens avaient rapidement pris la décision de vivre ensemble. Le scandale n’était pas passé loin. Refusant le mariage, le jeune couple avait tenu tête à leurs familles. Quand l’amour veut… Grâce à elle, il s’était rapidement remis debout sous le regard admiratif de leur petite fille qui testait ses premiers entrechats ! Solange s’en amusait… Les deux êtres qu’elle aimait plus que tout qui apprenaient à avancer ensemble…

Richard sourit tristement. Son regard glissa vers le dessin…. Solange, son amour, sa raison de vivre. Dessinatrice de talent, elle passait son temps libre, depuis quelques années, à reproduire ses bolides et Richard aimait ça. Dans la Pitlane, elle avait acquis une jolie réputation et à chacune des courses de son chéri, elle croquait tant les voitures que les pilotes. L’esquisse encadrée posée sur le bureau était son dernier. Elle avait dessiné la Porsche que le pilote avait négociée pour Rouen et, chose peu habituelle, s’y était représentée aux côtés de Richard, tenant dans ses bras leur petite Solène. Richard serra les poings. Solène, sa fille. Elle grandissait désormais loin de lui, chez ses grands-parents et depuis quelques semaines, il n’avait plus de nouvelles. Même si il était habitué à ses silences, cette fois, à chaque moment où il y pensait,  un frisson courrait le long de son échine, et ce n’était pas bon signe…

…..

John sentait que sa journée serait loin d’être bonne. Depuis 3 mois, chaque matin, une lettre de menace arrivait sur son bureau. Ce n’était pas le contenu en lui-même qui l’intriguait, non, les menaces, les insultes, il en avait fait son fonds de commerce. Le magazine fondé par son père, qu’il avait repris depuis peu, avait pour objet le pavé dans la mare, l’info dérangeante, dans le domaine du sport en général. Et il y avait matière à dire…. C’était plutôt sur la forme qu’il s’interrogeait. Une écriture très pointue, tellement acérée qu’elle lui faisait peur, c’était un comble ! Alors que sa plume à lui était nourrie au fiel brûlant. Même son père le reconnaissait. L’élève avait dépassé le maître. Et ici, le papier était choisi avec soin, les mots ne souffraient aucune discussion et faisaient référence à des publications passées et présentes en sport automobile. Tellement dérangeant qu’il avait même fait appel à un graphologue qui ne l’avait guère rassuré. Une expression féminine au premier abord, doublée d’une détermination masculine, à moins que ce ne soit l’inverse ! Mais surtout une absence totale d’empathie ou d’état d’âme. Il était bien plus habitué aux lettres d’insultes, colériques et explosives.

Dixie n’achète que rarement ces tabloïds sauf lorsqu’ils évoquent le pilote mystère. Elle s’en amuse. Si ils savaient ! Mais aujourd’hui, c’est le visage de John qui l’a attirée. Il se retire du magazine. Elle ne comprend pas. Machinalement, elle feuillette le magazine. Un haut-le-cœur la prend en arrivant sur la double page consacrée à Maurice Trintignant. Elle connaissait le pilote, son grand-père lui en avait tant parlé. Mais ce n’est pas le contenu qui la retourne. C’est ce dessin, dont elle connait les traits de crayon… John est parti mais il aura jonglé avec l’ignominie jusqu’au bout. Elle hésitait depuis des semaines. Elle s’était rapprochée de Martin, aurait voulu lui parler, lui dire ce qu’elle avait sur le cœur mais maintenant… que savait-il vraiment ? Jouait-il avec elle ?

La Sanguine est le deuxième roman publié de Marie Lambillotte. Si le sport automobile est, une fois encore, au cœur de l’intrigue, l’auteur  aborde cette fois deux mondes qui s’opposent mais ne peuvent se passer l’un de l’autre : les médias et la compétition automobile. Un drame, la catastrophe du Mans en 1955, sert de point de départ à la quête d’un carnet d’esquisses, disparu lors de l’explosion de la voiture de Pierre Levegh. Mais c’est sur trois générations que le récit promènera le lecteur, de quoi lui permettre de s’identifier à un des personnages, quel que soit son âge.

Un artiste derrière la couverture

La couverture est signée Vincent Ramirez, artiste peintre vivant à Donceel. Formé à l’académie des Beaux-Arts, il partagea sa passion avec ses élèves en art plastique, à Hannut, ses ateliers de dessin et la formation de futurs communicateurs auxquels il enseignait la communication artistique. Aujourd’hui encore, il anime des ateliers de peinture et dessins de nus, en Outremeuse. Son univers très particulier, inspiré, entre autre par James Ensor, mêlant animaux (souvent des oiseaux) aux humains parfois clownesques, cadrait parfaitement avec le récit. L’Urubu (un vautour à tête de sang), planant comme un mauvais présage au devant de la tribune du Mans joue sur l’émotionnel du lecteur, complété par la représentation de la Mercedes numéro 20 de Pierre Levegh, dont l’explosion coûta la vie à une nonantaine de spectateurs et en blessant plus de 120.

Interview de Marie Lambillotte, La Sanguine

1. Pourquoi avoir choisi le circuit du Mans pour débuter votre roman cette fois ?

C’est la plus grande catastrophe en compétition automobile qui m’intéressait, en fait. J’avais besoin d’un contexte troublé pour démarrer ce récit. Mais je ne me cantonne pas à ce seul circuit. Ni à l’Europe d’ailleurs. L’Endurance permet de se promener de l’autre côté de l’Atlantique et le lecteur découvrira les circuits de Mont-Tremblant au Canada, de Sebring, en Floride avant de revenir sur le vieux continent, en Suisse, avec Bremgarten.

2. Certains de vos lecteurs espéraient une suite d’un volant et des dentelles…

Oui, mais je n’aime pas de suivre les chemins attendus. Et puis, j’avais envie de promener mes lecteurs dans un autre monde. Ici, si le contexte est toujours le sport automobile, l’histoire est une double saga familiale.

3. Comment choisissez-vous le thème de vos romans ?

Je ne suis pas certaine d’avoir réellement le choix… C’est plutôt mon imaginaire qui me conduit là il en a envie. C’est vrai qu’au départ, il y a une anecdote, un événement ou un mot qui m’interpelle. Et puis, doucement, le récit se met en place. J’ai plutôt l’impression de mettre par écrit un film qui se déroule dans ma tête… Pour un volant et des dentelles, c’était la mort de Maria de Villota qui m’a poussé à me demander quelle était la place de la femme en F1… et puis Maria Thérèsa de Filippis qui arrive dans la compétition reine en 1958. Pour la sanguine, c’est le comportement d’un journaliste lors du retour de Lauda après son accident … et de Hunt, qui lui a cassé la figure, qui a tout déclenché! Mon imaginaire a fait le reste et j’avoue, je me suis vraiment bien amusée !

4. Pourquoi avoir choisi la Sanguine comme titre ?

J’ai beaucoup hésité. La Sanguine conduit inévitablement le chaland à imaginer un récit gore, une histoire criminelle… alors que pas du tout, il s’agit ici d’une technique de dessin. Une sanguine, c’est une couleur rouge sang séché et par extension, les croquis ou les peintures faites à la craie, au crayon ou au pastel dans cette couleur en ont pris le nom. Mais c’est ça qui est intéressant et là où ma formation en communication a joué… Le titre interpelle et peut amener des lecteurs à se procurer le livre et à découvrir quelque chose qui bouge pas mal, sans que le sang ne coule forcément en excès !

5. Une fois encore, votre héroïne est une femme complexe et au caractère affirmé. Elle vous ressemble ?

Mais chaque femme est unique et multiple ! Les hommes aussi, soi-dit en passant. Certains de mes personnages masculins sont loin d’être lisses. Dixie a une certaine fragilité sous des dehors de femme forte… elle est humaine, tout simplement. J’aimerais bien lui ressembler un peu…

6. Une conclusion ?

Conclure, c’est mettre un point final. Mais quand la fin d’une histoire se profile, une autre pointe le bout de son nez. Alors, pas de conclusion… si ce n’est que je vous souhaite de prendre du plaisir à me lire !

copertina definitiva marie (1)

Un volant et des dentelles,

la première aventure…

DOSSIER DE PRESSE

 Un volant et des dentelles, Marie Lambillotte

Un petit extrait…

Les mécanos ont mis en place le matériel. Stefano n’est pas encore là. Il a annoncé son arrivée pour le week-end, et, effectivement, l’ingénieur a déjà la tête sous le capot de l’Alfetta lorsque samedi, à l’aurore, Catarina déboule dans le paddock.

Son cousin n’a jamais été un lève-tôt mais l’adolescente sait qu’elle a peu de temps pour convaincre Inferno. Son oncle sera présent, comme à son habitude, vers 9 heures au bord de la piste. Elle a deux heures devant elle et, normalement, son père sera dans le stand à la fin des essais.

Subtile, la jeune femme propose à son mentor de l’aider à affiner les réglages. Stefano est heureux de constater qu’elle semble avoir laissé ses interrogations concernant Isabella de côté pour se concentrer sur la voiture.

– « Il vaudrait mieux tester le nouvel injecteur sur la piste, ne crois-tu pas ? » interroge Catarina.

– « Evidemment » répond l’ingénieur « Mais pour cela, il faudrait que ton cousin soit prêt ! »

– « Si tu l’attends, le jour sera déjà bien entamé. Il ne se lève jamais avant 9 heures, le temps de prendre son petit-déjeuner, il ne sera pas là avant 10 heures » souligne l’adolescente « Pourquoi l’attendre ?  Je suis là moi, et j’ai déjà roulé… alors laisse-moi y aller ? On ne va pas perdre du temps inutilement !»

Même si Stefano préfère la sécurité que l’expérience de Vincenzo garantit, il est évident que le test doit être réalisé le plus vite possible pour que la voiture soit prête dans les temps et permettre de se concentrer sur la Maserati.

Inferno sourit dans sa barbe. Cette gamine a hérité des dons de persuasion de sa mère !

L’Alfetta roule sur le tracé chimacien, aborde le virage de la Cavalerie dans une trajectoire idéale et avale les 10 kilomètres du circuit avec une facilité déconcertante. A croire que le pilote connait le tracé par cœur, se dit Michele en voyant la voiture passer devant lui. Il est vrai que les deux essayeurs engagés par Colodia courent pour d’autres teams durant l’année et ont une belle expérience à leur actif.

Stefano est surpris de voir Michele dans le garage. La grippe de Francesco n’est plus qu’un lointain souvenir et c’est lui, qui habituellement, vient aux nouvelles. Cette fois, Francesco a un rendez-vous avec un futur partenaire financier. Inferno est fébrile. Comment Michele va-t-il réagir lorsqu’il verra sa nièce sortir de l’Alfetta ?  Le temps d’entendre la voiture arriver et le patriarche pointe son nez dans le stand.

« Oh !, Père ! Vous avez suivi l’essai ? Je ne vous avais pas vu » dit, surpris, Michele.

« Je suis sorti pour marcher un peu, et puis, dans le virage, j’ai vu ce pilote conduire la voiture avec tant d’aisance que j’ai voulu le rencontrer. Qui est-il ? »

« Honnêtement, je l’ignore, dit Michele. Inferno engage parfois l’un ou l’autre essayeur, mais celui-ci a un style vraiment particulier. Il est fluide et en même temps, son coup de volant est parfaitement maîtrisé. Il connaît la piste, c’est certain. »

Les deux hommes, ravis du pilotage exceptionnel auquel ils viennent d’assister, blêmissent en voyant Catarina détacher son casque. Le grand-père est furieux. L’adolescente est tétanisée en voyant son oncle et son grand-père, côte à côte dans l’entrée du garage. Elle sait que les choses ne vont pas se dérouler calmement. Et en effet, Michele s’emporte contre l’ingénieur. C’est le chaos dans le garage. Le grand-père, lui, a tourné les talons et est rentré au Château. Il n’adressera plus la parole à sa petite fille durant tout le week-end.

L’auteure, Marie Lambillotte

Un volant et des dentelles est le premier roman publié de Marie Lambillotte. Ce dernier a séduit Fawkes Editions grâce au thème de la passion féminine pour la course, la mise en contexte durant les années cinquante et les lieux du roman choisis entre la Belgique et l’Italie. Un alliage parfait, selon Fawkes, maison d’édition francophone et italophone.

Quant au style que Fawkes définit comme « journalistique », il est plaisant et donne un certain rythme au texte. Des mots bien orchestrés pour donner vie à des personnages attachants et nous permettre de revivre une époque à la fois amère à cause du sortir de la Guerre si difficile et à la fois heureuse, pour le renouveau qui se préparait et rendait à tous l’espoir. En parlant de mots, voici en quelques lignes comment l’auteure de Un volant et des dentelles aime se définir:

J’ai toujours aimé les mots. Qu’ils soient tracés par des professionnels de l’écriture ou sortis tout droit de mon imagination, ils ont rythmé mon enfance. 

Adolescente, j’ai suivi mon cursus au sein d’une école, aujourd’hui malheureusement disparue, novatrice et dont l’enseignement sortait des chemins battus. J’y ai découvert des auteurs loin des classiques traditionnels, qui ont forgé mon envie d’écrire.

Les années ont passé et l’écriture est restée une véritable passion. J’en ai fait mon métier via la communication d’entreprise, en rédigeant des portraits d’entrepreneurs destinés à alimenter leurs sites. Mais j’écris aussi juste par plaisir.

Passionnée de sport automobile (alors que je n’ai jamais passé mon permis) et d’Histoire, j’aime, dans mes textes, mêler un contexte historique aux relations humaines. Ma rencontre puis ma collaboration professionnelle avec Christian Lahaye, journaliste automobile, m’a confortée dans mes choix de vie. Il m’a appris l’orfèvrerie des mots et que la passion doit se lire entre les lignes. A 56 ans, j’ai décidé de partager ces récits qui me trottent en tête depuis des années  via une série de portraits de femmes exceptionnelles pour le blog de Zelles ô Féminin, et divers articles que je poste sur mon site. Et puis aujourd’hui, ce roman…

Fawkes Editions, vous connaissez?

Le monde de l’Edition est en perpétuel renouvellement. Le numérique est devenu, dans certains pays, la référence. Pour Fawkes Editions, l’avenir est dans l’e-book, sans renier l’impression papier, support indispensable pour la transmission. Mais la balance doit pencher vers les supports digitaux parce qu’ils favorisent une bonne gestion environnementale. Le tout en positionnant l’humain au centre du projet.

Un vrai challenge !

Une maison d’édition numérique

Italienne de souche, Julie Biasucci, née en Belgique, a souhaité retrouver ses racines pour effectuer ses études supérieures. Ses racines mais aussi celles de la langue française. Ses syllabus d’humanités sous le bras, elle débarquera, avec un italien juste pratique, à l’Université de Rome 3  puis de Cassino pour effectuer un bac en littérature suivi d’un master en rhétorique et édition. S’en suivra plusieurs années en tant qu’éditrice freelance où elle acquerra diverses techniques et surtout une connaissance du livre très pointue.

Puis c’est le retour en Belgique et la création de Fawkes Editions. Si le numérique fait partie du cursus universitaire en Italie, la réalité ici est quelque peu différente. Distinguer l’édition numérique de l’auto-édition n’est pas encore totalement acquis et Julie Biasucci mesure très vite l’immense besoin des auteurs à appréhender les dangers de s’éditer seuls.

Plusieurs formations et conférences seront alors mises sur pied par cette passionnée de l’écriture, pour faire prendre conscience de l’importance d’être suivi par un éditeur, numérique ou traditionnel, pour la relecture et surtout les conseils d’un professionnel qui vit, au jour le jour, la réalité de terrain.

L’édition est un métier. S’auto-éditer seul relève du challenge. Copies illégales, surcoûts imprévus, qualité d’écriture inégale, illustrations inappropriées, temps considérable, toutes pierres sur le chemin qu’un éditeur a l’habitude de gérer.

Environnementale

Fawkes Editions est également sensibilisée aux problématiques environnementales. L’encre d’impression, souvent polluante et le pilonnage de milliers d’ouvrages invendus représentent non seulement un gaspillage mais pèsent de tout leur poids sur l’environnement. Certes, les livres détruits sont recyclés mais les techniques de purification coûtent cher à la société. Et c’est la base de la reflexion qui a mené au choix du digital. Ce n’est évidemment pas pour cela que le papier est complément abandonné. Tout comme la production raisonnée, Julie Biasucci a fait le choix d’une impression réfléchie. De petites quantités au départ, une réimpression à la demande, des volumes limités et un choix d’imprimeurs locaux et/ou respectueux de l’environnement grâce à un choix d’encres recyclables.

Humaine

Quitte à se déplacer à l’étranger pour rencontrer ses auteurs, Julie Biasucci veut positionner l’humain  au centre de son travail. Connaître ses auteurs, travailler à leur côté est un privilège que peut s’accorder une petite structure. Des collections bien différenciées permettent à chacun de trouver le support le plus adéquat pour ses créations. Une seule obligation, qu’elles soient littéraires. Vous ne trouverez ni livres de cuisine, ni d’ouvrages axés sur le bien-être. Seul, l’imaginaire a droit de cité.

Du côté des lecteurs, des présentations spécifiques à chaque publication sont organisées, allant de la murder party en passant par des après-midi enfantines accompagnées d’un goûter pour les contes. Julie Biasucci a des idées et n’hésite pas à les mettre au service des livres qu’elle édite.

Et pour qui le souhaite, des ateliers d’écriture sont mis sur pied sur des thèmes particuliers. De quoi susciter des vocations et constituer un vivier de futurs auteurs.

Interview de Marie Lambillotte, Un Volant et des Dentelles

  1. Comment définiriez-vous l’ambiance de votre roman ?

C’est un policier dans un cadre historique. Et puis le monde de la F1, c’est un univers où il se passe toujours quelque chose. Il y a une aura de mystère qui plane au-dessus d’Inferno, l’ingénieur qui sera tué, ça sent la passion au fil des pages. Celle d’un gendarme qui adore son métier, celle d’une famille qui a créé son propre team et surtout celle d’une gamine qui veut devenir pilote. Ça bouge, ça va vite par moment, ça vire là où on ne s’y attend pas forcement, ça accélère, ça ralentit, les pages se tournent au rythme d’une course. Mais il faudra attendre la fin pour savoir si le drapeau à damier se baissera devant la vie ou la mort.

  1. Pourquoi avez-vous choisi un circuit automobile comme lieu du crime, c’est original et assez inattendu ?

Parce que, pour moi, l’endroit coulait de source. La F1, vue de l’extérieur, ce sont des paddocks, des stands et les circuits inscrits au championnat. En faisant des recherches pour tout autre chose, j’avais découvert plusieurs photos des garages où travaillaient les teams durant les compétitions dans le parc de l’hôtel restaurant du Roannay, à Francorchamps. Les essais se déroulaient le soir tard, puisqu’en 1950, Francorchamps était encore un circuit en partie routier. En voyant d’anciens clichés du Raidillon, bordé par des bois, je me suis rendue compte que la configuration du grand circuit de Francorchamps m’apportait tous les éléments pour y situer le crime. Terrain boisé, des portions difficiles d’accès et comme j’aime l’Histoire, la période m’a aussi permis de découvrir des circuits mal connus, puisque disparus, utilisés en dehors de la F1 ou modifiés comme celui de Spa. Mon imaginaire a fait le reste ! C’était très gai !

  1. Pour Fawkes Editions, le lien entre la Belgique et l’Italie est un des points forts du roman. Comment vous est venue l’idée de tisser à nouveau des liens entre ces deux nations, dont le passé commun envahit tous les secteurs de la vie quotidienne ?

D’abord et avant tout, c’est Maserati et Alfa Romeo (avec leurs Alfetta) qui ont été une des bases de l’histoire. J’ai toujours été fascinée par la beauté du design italien. J’avais aussi en tête toutes ces pionnières de l’automobile, et notamment Lella Lombardi, la seule femme a avoir inscrit un demi-point au championnat de Formule 1, une Italienne ! Et au fil du temps, une histoire a pris vie. La F1 est un monde toujours compliqué d’accès pour les femmes et j’avais envie de retrouver les débuts de ce fantastique championnat en y mêlant l’histoire d’une jeune fille. Le choix de Francorchamps, ce sont les raisons évoquées ici plus haut, et pour Pescara, c’est la dangerosité incroyable – tellement dangereux qu’il a été définitivement abandonné en 1961 –  qui m’a intéressée puisque malgré tout, il accueillait en 1950, une course de Formule 1 hors championnat. Et puis, le 1er champion du monde de Formule 1 était Italien, sur Alfa, et nous possédons le plus beau circuit du monde ! Le lien était évident…

septembre 3
  1. Le personnage de Catarina a une bien forte personnalité. Lorsque l’on lit votre récit, on sent une certaine touche de tendresse envers elle, vous y êtes particulièrement attachée ?

Oui, je la trouve attachante. C’est une gamine délurée, intelligente et qui veut aller au bout de ses rêves.  Après la mort de Maria de Villota, je me suis intéressée aux femmes dans le sport automobile en général et dans la F1 plus particulièrement. Encore aujourd’hui, elles ne sont que 6 à avoir franchi le pas dans ces courses au plus haut niveau. D’autres ont choisi des disciplines différentes, toujours en compétition automobile avec, pour certaines, de franches réussites. Aucune d’entre elle n’a eu un parcours facile. Et bien avant,  d’autres femmes comme Bertha Ringer, devenue Bertha Benz, ont ouvert la voie en bravant les diktats de leur époque. Elles ont parfois dû attendre de retrouver leur liberté ou affronter les traditions familiales. Mais elle l’ont fait ! Elles sont sorties du carcan où elles étaient enfermées. Et Catarina est un peu à la fois  toutes ces pionnières quand elles étaient adolescentes. Respectueuses et frondeuses… libres avant l’heure en somme.

  1. Désirez-vous faire passer un message particulier à travers votre roman ?

Non, franchement non. C’est juste un roman, à lire pour se faire plaisir. Mais si ça donne envie à une jeune femme de rouler un jour en compétition,  pourquoi pas !

  1. Une conclusion ?

Vivez votre passion quelle qu’elle soit et qui que vous soyez. Et prenez du plaisir. Votre place est là où vous êtes au moment présent. Et si elle ne vous convient pas, ne la cherchez pas ailleurs, créez là !

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